78566936 969044930132981 8409413113639600128 n

COMME UN SYMBOLE...

  • Le 09/12/2019 à 20:11
  • 0 commentaire

Il existe une multitude de “signes” lorsque l’on veut croire en une chose, un phénomène, un miracle : un poteau rentrant, une flaque d’eau qui stoppe un ballon, un arbitre qui va à l’encontre de Jean Michel Aulas…

A Marseille il y a un signe qui ne trompe pas, c’est la renaissance de Jordan Amavi. Le phénix renaît de ses cendres, Amavi renaît de ses crampons. Hier soir, l’envol du phénix s’est fait dans un Vél conquis qui le conspuait il y a encore quelques semaines. Et ce sont les vignerons qui en ont fait les frais.

L’OM se présentait contre le 3e du championnat sans son attaquant vedette, victime d’une contracture un peu plus tôt. Le staff n’ayant pas voulu prendre le risque, c’est Valère Germain qui retrouvait le poste d’avant-centre. Hormis cela, le 11 olympien était quasiment le même que lors des derniers matchs avec le repositionnement de Kamara au poste de sentinelle et le retour d’Alvaro en défense aux côtés de Caleta-Car. Kévin Strootman, peut-être pas assez sécurisant et un peu émoussé par l’accumulation des matchs retrouvait, lui, le banc.
Un match entre l’actuel second et le potentiel (Lille étant passé devant Bordeaux avant le début du match), cela fait rêver et pour les consultants les plus farfelus, cela fait office de test pour l’OM, bien qu’après Lyon, Lille, St Etienne et j’en passe, le terme de “test” perd un petit peu de son sens au fil du temps, n’est ce pas Vikash? Il n’en est pas moins que cette confrontation opposait aussi deux entraîneurs portugais au style différent mais à la classe identique. Paulo Sousa avait, pour le coup, plutôt bien briefé ses joueurs, c’est le constat premier que nous pouvons faire aux vues de la première mi-temps. Car ce qui est certain, c’est que Bordeaux avait très bien préparé cette rencontre car, autant les Marseillais n’étaient pas mauvais, autant les Bordelais étaient bons dans le pressing et dans l’animation au milieu. Il n’y avait pas lieu de s’inquiéter mais, plus les minutes passaient, plus on se disait que le match piège se profilait au bout de notre nez! Et, sans Pipa, le pressing n’est pas! Il était impressionnant de voir en première période le manque de pressing. Quand Benedetto est sur le terrain, il entraîne l’équipe à presser avec lui, il harcèle les centraux et les empêche de jouer correctement. Germain, lui, n’a pas eu le même rendement, il presse mais n’a pas la même grinta et cela s’est vu. Si l’OM n’était pas réellement en danger, il n’était pas dangereux non plus.
Et ce qui devait arriver arriva après une demie heure, sur une attaque bien mise en place des Bordelais, Adli se trouvait en bonne position, en dehors de la surface pour décocher un missile sol-air impossible à arrêter pour Steve. 0-1! Si on en croit Jacques-Henri, ce but aurait très bien pu compter pour 2 points tant il était en dehors de la surface… Mais bref, passons.
Quand je parle de signes qui ne trompent pas, là encore ce fut le cas. Oui, les Marseillais n’ont pas égalisé dans la foulée et se sont retrouvés menés à la pause. Oui le public a manifesté son mécontentement mais rien de plus. Pourquoi ? Simplement parce que l’on savait qu’AVB parlerait aux joueurs dans le vestiaires, simplement parce que l’on se doutait que l’équipe reviendrait avec de nouvelles intentions. Bouna Sarr, en interview, n’était pas stressé, il a parlé calmement et a véhiculé, par le biais de cette interview, le calme de Villas Boas, ça aussi c’est un signe.
Si Bordeaux a gagné la première mi-temps, Marseille n’avait pas dit son dernier mot.
Au retour des vestiaires, les Olympiens ont remonté leur manche et ont desserré le frein à main. Une totale transformation de l’état d’esprit, de l’envie et de la dynamique de l’équipe s’opérait sous nos yeux. Un pressing suffoquant, peu d’espace, des passes ratées. Les Girondins ne savaient plus qui ils étaient et ce qu’ils faisaient sur le terrain. Et là où les sempiternelles remarques des consultants visant à dire que ce ne sont pas les Marseillais qui ont été bons mais les Bordelais qui ont été mauvais, je dirai que pour que les Bordelais soient mauvais il a fallu les faire déjouer, les faire douter, les faire se sentir plus bas que les racines de leurs meilleures cuvées. Et à ce jeu là, les Phocéens ont été très forts. Car dès le début de la seconde période, ils les ont acculés, pressés, étouffés sans leur laisser une once d’espoir. Et comme un signe, le but égalisateur fut marqué par le phénix, dès la 48e minute sur un magnifique corner de Payet. Amavi est passé devant son opposant et a catapulté le ballon au fond des filets. Jordan, que l’on croyait (ou espérait, oui j’assume mes conneries) fini pour le foot il y a encore quelques semaines, renaît de ses cendres depuis sa remise en question, depuis sa mise à l’écart par AVB, depuis que son entraîneur s’est dit qu’il fallait le sauver. Et le public marseillais ne s’y trompe pas. Il l’a acclamé à hauteur de son rendement et de ce but. 1-1!
A partir de cet instant, tous les observateurs honnêtes savaient que l’OM allait gagner ce match. Il était impensable de croire qu’ils se contenteraient d’un nul ou qu’ils allaient encaisser un deuxième missile. D’ailleurs, la sortie d’Adli a beaucoup pesé dans la méforme bordelaise. Et c’est sur un pressing encore “Master Class” que le ballon arrivait dans les pieds de Sanson et qu’après un crochet ingénieux, plantait une riposte inarrêtable pour Costil. 2-1!
La suite et fin de ce match se fit sous un rythme un peu plus calme, un peu plus maîtrisé, avec des percées encore magnifiques de Rongier qui donna le troisième but à Radonjic à la 92e minute. 3-1 ! La messe était dite.
Plus les semaines passent et plus nos joueurs s’affirment comme une machine de guerre solide et surtout légitime. Contre Bordeaux, c’est encore plus flagrant : 29 ballons joués dans la surface de réparation bordelaise contre 2 seulement par les joueurs de Paulo Sousa chez nous. Encore mieux, durant le match, l’OM a tiré 25 fois aux cages contre 3 fois pour Bordeaux ! Ou encore, les Marseillais ont récupéré 19 ballons dans la partie bordelaise… Ces statistiques prouvent que l’OM n’est pas là par hasard. André Villas Boas a façonné un groupe qui existait déjà (pour la plupart). Il l’a bonifié là où beaucoup d’observateurs le voyaient perdre son temps. Il a su relever des joueurs en perdition et même s’ils ne sont pas tous encore au top niveau, il a réussi à leur faire comprendre qu’ils en étaient capables. Jordan Amavi en est le parfait exemple. Il n’est pas encore le meilleur latéral gauche mais il a retrouvé un niveau tout à fait acceptable et surtout, il se bat jusqu’à la fin. Rongier et Sanson indispensables, sont les poumons de l’équipe, ceux qui poussent les autres, ceux qui pressent constamment. Payet nous met à chaque match des paillettes dans les yeux. Les journalistes se demandent s’il va tenir le rythme, lui qui était habitué à l’irrégularité. Je répondrai que le joueur prouve sa valeur à chaque rencontre, qu’il a totalement assumé ses paroles contre Rudi Garcia et qu’il démontre que le lien entre un joueur et son coach est très important. En défense les joueurs se donnent à 100%, Alvaro est un monstre, Duje monte en puissance, Kamara défonce les statistiques en défense comme au milieu. Et il nous manque encore Florian Thauvin…

Alors, nous n’avons peut-être pas les meilleurs joueurs d’Europe mais nous avons, comme l’a dit hier Morgan Sanson en zone mixte, des morts de faim, des chiens fous, des enragés. Et c’est exactement ce que désire le public marseillais : des joueurs mouillant le maillot de la première minute jusqu’au coup de sifflet final. C’est ce qui montre que cette saison peut être belle.
Et pour la petite histoire, à la même période , après 17 journées en 2009/2010, nous avions le même nombre de points… Si ça c’est pas un symbole…

Rédacteur : El Calon

Ajouter un commentaire