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OM ITW : Nasser Larguet, l'entretien !

  • Le 07/04/2021 à 10:19
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Après son passage sur le banc de l'OM comme entraîneur suite au départ d'AVB, Nasser Larguet a repris son poste de directeur du centre de Formation. Il a accepté de répondre à nos questions par le biais d'Hakim, de nous livrer son parcours professionnel, son travail, son passage sur le banc de l'équipe première et de nous parler de son avenir.

 

Bonjour monsieur Larguet tout d’abord comment allez vous ?

Nasser Larguet : Je vais bien, je vous remercie.

Dorénavant vous êtes plutôt connu des supporters mais pourriez-vous malgré tout vous présenter succinctement pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore vraiment ?

N.L: Je suis né au Maroc où j’ai étudié jusqu’à l’obtention du Baccalauréat puis je suis venu étudier en France pour faire une licence en pharmacie et Microbiologie. Je me suis dirigé ensuite vers l’enseignement au collège ou j’ai été professeur de Mathématiques, sciences naturelles et professeur d’éducation physique. J’ai été joueur au PTT Caen à l’US Normande puis a Thury-Harcourt ou j’ai été professeur, j’ai été à ce moment là entraîneur-joueur.

Ensuite je me suis dirigé au F.C Rouen comme adjoint du directeur du centre de formation, ensuite j’ai été à l’AS Cannes pour prendre en charge le centre de formation durant 3 ans et à cette époque, c’était la génération de Patrick Vieira. Je me suis dirigé ensuite vers Caen où j’ai pris en charge le centre de formation, puis j’ai dirigé l’équipe réserve du Havre et notamment des jeunes joueurs comme Mandanda, Lassana Diarra etc... Après je suis allé au RC Strasbourg ou j’ai été recruteur, puis directeur du centre de formation durant 3 ans. Puis j’ai été appelé par M.Majidi pour un tout nouveau projet au Maroc qui a ensuite mené vers la DTN et enfin à L’Olympique de Marseille.

Carrière riche et s’il en est... ce qui vous a apporté beaucoup d’expérience mais principalement dans la formation, qu’est ce qui explique cette trajectoire ? N.L: J’ai toujours eu cette fibre d’enseigner et de former, j’y ai baigné dès mes débuts grâce à ma période d’enseignant. Enseigner et former sont dans ma nature. Lors de vos passages dans ces divers clubs qu’est ce qui a changé dans votre travail et votre approche de celui ci ?

N.L: Pour ma part j’engage tous les éducateurs à évoluer et à se remettre en question selon l’environnement, car chaque région ou Pays a son identité et sa culture mais il faut garder à l’esprit l’exigence et le haut niveau. Et savoir que dans chaque club il y a 75 a 80% de joueurs du bassin et donc les joueurs qui arrivent d’ailleurs en France ou de l’étranger doivent petit à petit s’intégrer.

Vous êtes donc allez par la suite à l’académie Mohamed VI, vous qui n’avez connu que des expériences en club, le travail et l’approche sont ils les mêmes qu’en club justement? Et qu’est ce qui vous a fait choisir cette expérience ?

N.L: J’ai eu la chance dans nos formations, on avait l’obligation d’aller se former ailleurs dans différents endroits. J’ai donc été amené à travailler dans plusieurs pays d’Europe, en Amérique Latine ou en Afrique. Mais j’avoue que dans les 6 premiers mois, j’ai fait l’erreur de vouloir faire un copier-coller, mais rien n'a marché, niveau recrutement j’ai fait une erreur, les enfants de 15 ans ne sont pas formés comme les jeunes d’ici en France, il y avait une sorte de retard à la formation et c’est une remise à niveau qu’il a fallu faire et tenir compte de la particularité du contexte.

Le Roi du Maroc a voulu lancer le projet pour rebooster la formation et ce fut une fierté en tant que Marocain de participer à ce projet, c’est mon Pays et faire de la formation un point central était un projet qui m’a vraiment plu. Aujourd’hui on en voit les fruits avec des Aguerd, Ennesyri, Targhaline par exemple en sont des exemples concrets.

L’approche du travail était-elle la même qu’en club où était ce différent ?

N.L: Le travail reste le même qu’en club parce qu’on a créé une association pour pouvoir inscrire des équipes en U15, U17 et U19. Nous avions des équipes à chaque niveau de jeunes, la seul chose que nous n’avions pas était une équipe senior, parce que ce n’était pas notre tâche. Et on a réussi à gagner à chaque niveau les championnats, et nous avons même donné des contrats professionnels à chaque joueur qui devenait international à 17 ans ce qui était vraiment positif pour eux et pour nous.

Pourquoi avoir quitté vos fonctions au seins de l’académie alors que le travail portait ses fruits ?

N.L: Je voulais m’inscrire dans la durée mais des interventions extérieures ont commencé à interférer et ça ne m’a pas convenu parce que ces personnes n’étaient pas là pour apporter un plus, ou leur pierre à l’édifice, plutôt pour profiter du bon travail mais pas de la bonne façon et ça je ne pouvais pas l’accepter. Suite à cela j’ai demandé à être déchargé de mes fonctions mais je suis très heureux et satisfait parce qu’aujourd’hui encore l’académie fonctionne très bien.

Comme vous l’avez dit plus haut, pas mal de joueurs sont sortis de l’académie à l’image d’Aguerd qui évolue à Rennes, En Nesyri à Séville ou Targhaline que vous avez été chercher pour l’OM quel sentiment cela vous procure ?

N.L: C’est une grande fierté, parce qu’on est pas éternel, Mr Majidi le Roi Mohamed VI m’ont fait confiance et m’ont donné carte blanche et je suis vraiment fier d’avoir pu réaliser cela. Sous mon « mandat », sur 57 joueurs, 47 vivent actuellement du football que ça soit en Europe ou en Botola et 50% d’entre eux ont été sélectionnés pour la CAN U17... donc je ne peux ressentir que de la fierté pour le travail accompli.

Suite à cela vous avez surpris pas mal de monde en prenant le poste de DTN... surprenant un peu étant donné que ce n’est pas votre métier premier, non ?

N.L: C’est vrai que ce n’est pas mon métier premier, mais déjà en 2006 j’avais un accord verbal pour prendre en charge la DTN mais sans avoir eu d’explication je n’ai plus été pris... Je ne saurai vous dire pourquoi. Donc suite à mon départ de l’académie, Faouzi Lekjaa m’a contacté pour le poste de DTN, je lui ai répondu de reprendre feu Jean pierre Morlans qui a effectué du très bon travail à ce poste, mais Lekjaa me voulait absolument moi...

J’ai donc accepté à la condition d’avoir J.P Morlans à mes côtés. Et nous avons lancé pas mal de chantiers de dépoussiérage: Management, lancement de la Cafpro où nous avons essayé de travailler avec les clubs professionnels, mais ce fut compliqué de leur faire comprendre. Et ensuite les équipes nationales avec l’accueil d’Herve Renard et les résultats connus... En jeunes, notamment en Afrique du Nord, où le Maroc a préformé ce fut magnifique et une belle réussite.

Là aussi j’ai arrêté parce que j’avais fait le tour mais surtout parce qu’encore une fois des éléments extérieurs sont venus parasiter tout ça... La réussite les attire. Ces personnes viennent graviter autour des jeunes, ou d’autres, et cela a apporté des conflits et tout cela a fait que j’ai décidé d’arrêter la collaboration à contrecœur mais avec le sentiment du travail accompli.

Après ce départ, vous vous êtes engagé avec l’OM... comment cela s’est il passé ?

N.L: La fédération a annoncé mon départ un peu avant l’heure puisque j'étais sensé terminer en juin et elle a annoncé cela en mai. Suite à cela, j’ai eu 3 clubs qui m’ont contacté: le Stade Rennais, l’OGC Nice et l’OM par l’intermédiaire de Claude Fichaux qui était adjoint de Rudy Garcia. J’ai aussi eu la proposition de DTN en Arabie Saoudite en suivant Herve Renard.

J’ai eu un échange avec Andoni Zubizaretta qui m’a fait venir. Son discours, ainsi que celui du président, m’ont beaucoup plu parce qu’ils mettaient vraiment la formation comme point central de leur projet. A mon retour au Maroc, j’ai accepté à la condition de pouvoir honoré mes engagements pris avec la FIFA qui elle aussi m’a fait des propositions et notamment dans la formation en Afrique où j’ai réalisé des opérations au Burundi et au Rwanda.

Votre vision des choses a-t ’elle évoluée depuis toutes ces années, suite à vos diverses expériences ?

N.L: La formation en France a changé et même à ce niveau l’argent a fait son entrée et c’est bien dommage parce que c’est un problème. Le joueur est devenu plus fort que l’institution même à 12/13 ans... A cet âge là, on demande déjà un contrat alors qu’on ne voyait cela que vers 17/18 ans ce qui, à la rigueur, se comprend. A 12/13 ans la notion de plaisir doit être la seule notion qui devrait exister mais elle n’est plus là, on forme beaucoup de joueurs de complément parce que beaucoup s’en vont pour des contrats.

Vous êtes vous fixé des objectifs à la formation comme un nombre de joueurs à sortir notamment pour l’équipe première ? Et notamment sortir des joueurs tels que Nasri, ou plus récemment Boubakar Kamara, mais de façon régulière ?

N.L: Les objectifs sont clairs, à savoir: Essayer de structurer la formation, de continuer à la mettre au centre du club. Le club doit jouer les 3 premières places chaque saison et pour cela on doit former des Top players. Et oui on se doit à Marseille de sortir des joueurs pour l’équipe première plus régulièrement à l’image de Bouba Kamara.

Pour cela on se base sur 3 éléments:

1. Le recrutement en fidélisant les clubs de la région et les jeunes du bassin marseillais.

2. Les ressources humaines, il faut avoir de vrais formateurs pour pouvoir sortir des joueurs pour l’équipe une.

3. La méthodologie, elle doit être adaptée à l’environnement marseillais.

Votre aventure marseillaise n’a pas été de tout repos cette saison, qui a été tumultueuse, comment l’avez vous vécu ?

N.L: Cette saison est particulière c’est vrai, mais le club est particulier. Ce club appartient aux Marseillais, c’est dans leur ADN. Ce qui est dans leur ADN aussi, c’est la coupe d’Europe et cette saison la ligue des Champions n’a pas apporté ce qu’elle devait apporter aux Marseillais... Et la baisse de régime que l’équipe a subi en janvier a compliqué les choses, notamment après tous ces départs successifs comme l’entraîneur, puis le président ou encore le responsable de la sécurité ou d’autres... mais tous ces départs ont sans doute été bénéfiques pour le Club.

Vous avez donc pris en charge l’équipe Pro de l’OM, comment avez vous vécu cette expérience ?

N.L: Je l’ai vécue avec plaisir même si ce fut rapide et inattendu. J’ai eu un appel du Directeur Sportif du soir pour le lendemain, j’ai voulu montrer ma solidarité avec le club, j’ai pris un risque mais je l’ai fait pour le Club. Dans cette période on n'a pas vraiment eu le temps de cogiter puisqu’on jouait tous les 3 jours. Je savais que ça allait être de l’intérim.

Vous saviez dès le début que ça allait être un intérim court ou vous ne saviez pas vraiment la durée de cet intérim ?

N.L: J’avais demandé à ce que cette période dure le moins longtemps possible, mais s’il avait fallu terminer la saison à la tête de l’équipe première, je l’aurais fait pour le Club.

Après cette première expérience en tant qu’entraîneur d’une équipe professionnelle seriez vous prêt à prendre en charge une équipe pro à l’avenir, que ce soit en France, en Europe ou pourquoi pas au Maroc ?

N.L: On ne dit jamais « jamais » mais je m’inscris dans la formation. Mais si tel devait être le cas ce serait dans un projet global avec, en son centre, la formation. Mais mon projet personnel est plutôt de continuer dans la formation.

Concernant votre avenir justement, est-il toujours du côté de Marseille et de l’OM ?

N.L: Aujourd’hui je suis à Marseille et je continue le développement de ce projet tant qu’il s’inscrit dans la formation.

Avez vous un message à faire passer à nos lecteurs ?

N.L: Aujourd’hui le foot demande beaucoup de travail, d’investissements et d’efforts. Les résultats ne viennent pas du jour au lendemain et je prends beaucoup de fierté et de plaisir à faire ce que je fais et y laisser une trace... Et j’espère que je laisserai une belle trace là où je passe et aujourd’hui c’est à l’OM... merci à vous supporters de nous supporter !

Merci à vous d’avoir pris de votre temps pour répondre à nos questions, peut être à bientôt .

N.L: avec plaisir .

 

Entretien réalisé par Hakim pour Le réseau Olympien et Les Lions de l'Atlas.

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