La sentence

Procès Eyraud : le jugement dernier.

  • Le 15/07/2020 à 20:00
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Vous venez d’assister au plaidoyer de l’avocat de la défense et au réquisitoire de l’avocat général, vient donc le temps du jugement et de la sentence qui l’accompagne. Mesdames et messieurs la cour !  Prenez place dans le silence.

Les circonstances atténuantes

Monsieur Eyraud, après avoir écouté attentivement les deux avocats, je dois vous reconnaître quelques circonstances atténuantes.

Effectivement, vous avez contribué à bâtir des fondations qui, je l’espère, nous l’espérons tous, s’avèreront solides pour le futur de notre club. Vous n’avez pas compté votre temps, ni votre investissement de chaque seconde en faveur de l’Olympique de Marseille, ni votre propre argent d’ailleurs puisque vous êtes également actionnaire de ce club.

Vous êtes le premier à avoir construit un centre de formation digne de ce nom et ça on doit le mettre à votre crédit, même si ce fut long. Mais il est évident que ce travail en profondeur est un travail de fourmi qui prend du temps et comme le jardinier qui cultive ses actinidiers, il sait que les kiwis ne viendront que quelques années plus tard.

Également à vous attribuer, l’acquisition de longue haleine, des droits d’exploitation du stade qui devraient diversifier un peu plus les sources de revenus du club et dans le football moderne c’est capital pour ne pas dire indispensable. Et contrairement à 80% des supporteurs, je fais partie de ceux qui pensent que posséder son stade dans le football actuel n’est plus négociable. Tous les grands clubs y sont passés et se sont dotés d’un outil de travail digne de ce nom : La Juve, Atletico, Arsenal, Lyon et j’en passe. On va me rétorquer l’histoire, mais l’histoire est dans la tête des supporteurs, pas dans les murs. L’histoire de la Juve au Stadio Communal est gravée dans les souvenirs de chacun des supporteurs de ce club. Mais je n’en dis pas plus sur ce sujet qui fâche.

Velodrome

A mettre également dans la case circonstances atténuantes, vous arrivez à une période où le marché des cessions de joueurs s’emballent partout en Europe. Des sommes faramineuses ne choquent plus personne, pas même les supporteurs aux fins de mois compliquées, qui parlent de millions d’euros comme si c’étaient des billets de Monopoly. On s’habitue à parler de 40 ou 50 millions d’euros aussi facilement que si on les trouvait sous les sabots d’un cheval. Vous qui avez mené Paris-turf à sa perte, vous savez bien que non. Les sabots des chevaux, ça vous connait. D’ailleurs, vous avez trouvé plus de millions derrière les oreilles de Mickey … preuve que tout est possible.

Malheureusement pour vous, M. Eyraud, j’en ai terminé avec les circonstances atténuantes et je vais maintenant m’attarder sur les circonstances aggravantes.

 

Les circonstances aggravantes 

Il y a trois choses qui m’ont particulièrement gênées sous votre présidence M. Eyraud.

La première, c’est que malgré votre intelligence notoire et votre habilité à manier le verbe, à aucun moment vous n’avez compris l’écosystème que représenteny Marseille et ses habitants. Certes, vous avez pris conscience – au bout d’un certain temps – du rôle social que devait jouer le club, mais à aucun moment vous n’avez compris la mentalité assez particulière, je vous le concède, des marseillais. Ou alors, c’est encore plus grave, vous avez parfaitement compris, mais vous vous en fichez, vous avancez sans en tenir compte. Avez-vous cru qu’en nous chantant du IAM et en nous faisant des vidéos en pull de noël ça suffirait à nous endormir ?

Avez-vous cru que la participation à une finale d’Europa League suffirait à nous endormir ?

M. Eyraud, vous êtes président du plus grand club français et se balader sans arrêt avec la ligue des champions aurait dû vous faire prendre conscience de l’attente incommensurable et vertigineuse des supporteurs de ce club et surtout du respect qu’ils méritent en étant là toujours et tout le temps, à Marseille comme partout en Europe. Le respect ça ne se décrète pas par les galons, ça se gagne et vous avez perdu le notre M. le président. En supprimant purement simplement un groupe historique du virage nord, vous avez dépassé les limites et nous ne vous le pardonnerons jamais. Même si certains abus existaient, il suffisait de punir les coupables et non de punir le stade.

Circonstences

La deuxième c’est que malgré tous vos diplômes et votre expérience, votre communication est nullissime. Mais c’est un peu à l’image des gens que vous aimez M. Eyraud. Votre complexe de supériorité et votre arrogance vous font penser qu’avec un peu de charité et du marketing ça allait suffire pour manipuler l’opinion. Mais non, ça ne prend pas. Votre communication est inappropriée, décalée, parfois lunaire. Comment se fait-il qu’un club tel que l’OM cherche un directeur sportif via une annonce sur Linkedin ? Appelez-le Head of football, Général Manager ou même « head of big dick » si ça vous chante, mais je ne suis pas convaincu que l’appel à candidature sur un réseau professionnel pour un poste aussi spécifique soit le bon canal.

Vos présentations Power Point à la presse, votre façon de ne jamais répondre voir de fuir les questions qui fâchent comme lors de l’épisode avec Alexandre Jacquin en début de saison dernière, autant de charges à retenir contre vous.

Alors bien sûr on est un peu dur avec vous et parfois on est dans la démesure, mais si vous aviez compris Marseille vous l’auriez anticipé. Et ce manque d’anticipation notoire m’amène au troisième et dernier point.

A quel moment cesserez-vous d’être dans la réaction et l’urgence plutôt que dans l’anticipation et la préparation ?

Le panic buy Mitroglou, l’achat très tardif de Benedetto, qui d’ailleurs n’était pas forcément le choix le plus judicieux, le jusque boutisme pour Rongier qui vous coûte l’obligation d’utiliser votre joker et dernier petit couac en date : Ne pas avoir demandé à votre nouvel head of business de purger ses comptes sur les réseaux sociaux.

Zubi 1

De votre propre aveu, vous saviez depuis la fin d’année 2019 que vous ne continueriez pas avec Andoni Zubizarreta et nous sommes le 15 juillet 2020 et vous n’avez toujours pas recruté de directeur sportif dans une période qui est cruciale dans la vie d’un club de foot, qui plus est, un club de foot qui doit vendre et bien vendre pour se sortir du bourbier financier dans lequel vous l’avez amené.

Je vais m’en tenir là pour les circonstances aggravantes, je ne vous tiens pas rigueur de vos erreurs de castings, personne n’est infaillible, pas même vous. Et le pire, c’est que je ne vous en veux pas à vous personnellement, mais plutôt à la caste des gens comme vous qui se croient largement supérieure parce que sortie des grandes écoles et faisant partie de l’élite.

Il est temps de prononcer votre sentence M. Eyraud.

La sentence !

Malheureusement pour nous et heureusement pour vous, cette sentence ne sera que symbolique puisque nous supporteurs, n’avons aucun pouvoir et même pire, nous sommes considérés comme de la merde depuis des années par les différentes strates du football français et européen, sauf lorsqu’il s’agit de vendre – voir survendre – vos produits aux diffuseurs. Mais ce n’est pas grave, les symboles ont aussi leur importance et même si celui là ne servira à rien, il aura eu l’effet au moins de nous permettre de nous exprimer.

M. Eyraud, attendu des différents faits qui ont été exposés et qui vous sont reprochés nous vous condamnons à l’exil le plus lointain possible de notre club, de notre ville et de nous. Que Franck McCourt vende ou pas n’a aucune importance, nous savons que vous n’êtes pas l’homme de la situation. Vous n’avez pas les épaules, ni la connaissance pour diriger un club comme l’Olympique de Marseille. Nous ne mettons pas en cause votre bonne foi et votre volonté de bien faire, mais uniquement vos compétences dans le domaine de la gestion d’une entreprise sportive en général et d’un club de football en particulier.

Sentence

Je ne pense pas qu'il y aura vente dans l'immédiat et je ne milite pas pour la venue d’untel ou untel, mais étant un habitant du Var depuis quasiment vingt ans, j’ai pu voir les résultats du Racing Club de Toulon avec Mourad Boudjelal à sa tête et qui a fait renaitre de ses cendres un club qui était quasi mort depuis de nombreuses années malgré une histoire riche de légendes telles que les frères Herrero. Bien sur que le rugby n’est pas le foot, mais je pense que M. Boudjelal le sait et qu’il a la connaissance et le caractère pour être l’homme de la situation. Après sa réussite au RCT n’est absolument pas un gage de réussite à l’OM tant ce club est difficile à diriger, cela donne juste un gage de la personnalité de gagneur de M. Boudjelal.

J’ai d’autres personnalités en tête capables d’être président de l’Olympique de Marseille, qui connaissent le monde du football et celui de l’entreprise et qui connaissent la particularité de l’OM, mais je pense que certains noms ne doivent pas ou plus être évoqués. Mais ceci était un aparté dans le sujet car ce que nous aimerions là, c’est une préparation de saison la plus idéale qui soit avec des ventes ayant lieu tôt afin de finaliser un mercato rapide et efficace.

Et sincèrement au point où nous en sommes du ras le bol de vous M. Eyraud, je pense que même Bob l’éponge ou Oui-Oui feraient l’affaire. Et comme dirait Denis Brogniart : Notre sentence est irrévocable.

Rédacteur : Tacle Glacé

 

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